Partout où les médias locaux perdent du terrain, les populismes en gagnent. Cette observation, mesurée et quantifiée aux États-Unis, doit nous conduire à préserver ce que nos territoires ont de plus précieux. Chaque jour, la presse locale vous parvient, les ondes des radios locales accompagnent vos trajets en voiture. Nous aimons nos médias locaux car ils créent du lien entre les citoyens, entre les territoires, et nous relient aussi à l’actualité du pays. Au Festival International du Journalisme, à Couthures-sur-Garonne, j’ai affirmé la vitalité qu’ils représentent pour notre démocratie.
J’ai participé au débat intitulé « Les médias locaux, vigies de la démocratie ? » mené par le think-tank Ouest Médialab, à l’occasion du Festival International du Journalisme organisé par Le Monde dans le petit village de Couthures-sur-Garonne. J’ai pu débattre avec Pauline Amiel, chercheuse et directrice de l’École de journalisme et de communication d’Aix-Marseille, Fabrice Bakhouche, directeur général du groupe Sipa Ouest-France et Laurent Riéra, administrateur du think tank Ouest Medialab et directeur de la communication de la ville de Rennes.
Les médias locaux ne sont pas seulement des relais d’information.
En arrivant dans votre boîte aux lettres le matin, en accompagnant vos trajets en voiture, en rythmant votre soirée télévisée, la presse locale, les radios locales, les TV locales créent du lien sur les territoires et entre leurs acteurs. Ils favorisent ainsi la participation citoyenne et nourrissent l’adhésion aux valeurs démocratiques.
Les citoyens doivent avoir la possibilité de comprendre ce qui se décide près de chez eux, suivre l’action publique, débattre et demander des comptes. Ce serait impossible sans nos médias locaux.
Lorsque l’information locale recule, les chercheurs observent d’ailleurs, en France, que la participation électorale baisse, que l’engagement civique s’affaiblit et que le contrôle démocratique des pouvoirs locaux se relâche.
La fragilisation des rédactions locales doit nous alerter, car certains territoires pourraient progressivement devenir moins bien informés.
Afin de préserver ce modèle français et ce maillage territorial, j’ai affirmé que la puissance publique avait un rôle à jouer. C’est en ce sens que j’ai porté ma proposition de loi sur les droits voisins des éditeurs de presse, adoptée aussi par mes collègues sénateurs. Ce levier financier, qui contraindra les plateformes et les géants du numérique à rémunérer justement les titres de presse, est une réponse partielle aux déserts médiatiques.
Rétrospective de la session parlementaire en images